FICHE PRATIQUE IMMIGRACISME.NET :LES DROITS DES CONJOINTS DE FRANÇAIS(E) ET DES CONJOINTS DE RESSORTISSANT(E) DE L'UNION EUROPÉENNE
Je suis en France et j'étais sans papiers quand je me suis marié(e)
DROIT COMMUN
Pour qu'un titre de séjour puisse vous être délivré, vous devez obtenir un visa long séjour 'conjoint de français' soit en France soit en retournant dans
votre pays d'origine le demander au consulat de France.
-
Si vous êtes entré régulièrement en France et si vous séjournez en France depuis plus de six
mois avec votre conjoint (le temps passé avant le mariage est inclu dans la durée de 6 mois)
, la demande de visa de long séjour doit être présentée à la préfecture de votre domicile.
Vous n'avez pas besoin de retourner dans votre pays d'origine solliciter le visa [Art. L211-2-1].
- Sinon, vous devez retournez dans votre pays d'origine sollicitez un visa long séjour au
consulat de France.
Le visa pour un séjour d'une durée supérieure à trois mois ne peut être refusé à un conjoint de
Français qu'en cas de fraude, d'annulation du mariage ou de menace à l'ordre public.
Vous devez cependant passez une évaluation de votre niveau de français et suivre des cours le cas
échéant.
CAS DES ALGÉRIENS الجزائري
La seule condition posée pour bénéficier de plein droit du titre de séjour est d'être entré
régulièrement en France [Art. 6 2) ].
Il n'y a pas besoin de de visa long séjour. Pour la première délivrance du certificat de
résidence «vie privée et familiale», il n'y a pas d'obligation de vie commune [CE, 5 mai 2006,
Préfet de la Moselle contre A, n° 270793].
CAS DES TUNISIENS التونسي
C'est le droit commun ci-dessus qui s'applique.
|
CAS APPLICABLE À TOUS
Même si vous êtes entré sans visa en France , la préfecture doit vous délivrer votre titre de séjour
en France sans que vous n'ayez besoin de retourner dans votre pays d'origine. Cela, quelque soit la
date et le lieu du mariage.
Dans un important arrêt [CJCE, 25/07/2008, req. nº C-127/08], la Cour de Justice de l'UE a estimé
que le droit de séjour d'un conjoint de ressortissant de l'UE devait être reconnu, quels que
soient le lieu et la date de leur mariage et mais également des conditions d’entrée dans l'État
membre d'accueil.
Cependant, alors même que le droit communautaire prime sur le droit national, la Cour
Administrative d'Appel de Paris a estimé dans un arrêt qui fait pourtant référence à celui de la
CJCE [CAA Paris, 18/02/2010, req. nº 09PA04280] que le conjoint doit préalablement être rentré
en France muni d'un visa.
|
Je suis en France et j'étais en situation régulière quand je me suis marié(e).
Dans ce cas vous n'avez pas besoin de visa , vous pouvez vous rendre directement à la préfecture sollicitez
votre titre de séjour.
J'ai droit à quel type de titre de séjour?
DROIT COMMUN
La préfecture doit vous délivrer une carte de séjour «vie privée et familiale» d'une DURÉE D'UN AN renouvelable.
CARTE DE RÉSIDENT D'UNE DURÉE DE 10 ANS:
La carte de résident PEUT (ce n'est pas une obligation) vous être accordée par le préfet
si vous êtes marié(e) depuis au moins trois ans
avec un ressortissant de nationalité française, à condition que la communauté de vie entre les
époux n'ait pas cessé depuis le mariage.
Cette carte n'est plus accordée de plein droit, mais à la discrétion du préfet. Cela signifie
qu'il est possible que vous ayez trois ans
de mariage et que le préfet vous refuse la carte de résident.
De plus, la délivrance d'une première carte de résident est subordonnée à l'intégration
républicaine de l'étranger dans la société française,
appréciée en particulier au regard de son engagement personnel à respecter les principes qui
régissent la République française,
du respect effectif de ces principes et de sa connaissance suffisante de la langue française
dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat.
Pour l'appréciation de la condition d'intégration, l'autorité administrative tient compte de la
souscription et du respect,
par l'étranger, de l'engagement et saisit pour avis le maire de la commune dans laquelle il
réside.
Cet avis est réputé favorable à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine du
maire par l'autorité administrative.
Le préfet a donc une très large marge d'appréciation, sur des critères qui peuvent être très
subjectifs, pour vous accorder ou pas la carte de
résident même si vous remplissez la condition de trois ans de mariage.
CAS DES ALGÉRIENS الجزائري
-
Si vous êtes entré en France en situation régulière, si le conjoint français a conservé la
nationalité française et, lorsque le mariage a été célébré à l'étranger, s'il a été
transcrit préalablement sur les registres de l'état civil français, alors vous êtes
bénéficiare de plein droit d'un certificat de résidence d'une DURÉE D'UN AN
«vie privée et familiale» [Art. 6 2) ].
Pour la première délivrance du certificat de
résidence «vie privée et familiale», il n'y a pas d'obligation de vie commune [CE, 5 mai 2006,
Préfet de la Moselle contre A, n° 270793]. Le premier renouvellement est cependant est subordonné à
une communauté de vie effective entre les époux [Art. 6, dernier alinéa].
-
Si vous êtes en situation régulière et s'il y-a une communauté de vie effective entre les
époux, le ressortissant algérien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant
de nationalité française,est bénéficiaire de plein droit d'un certificat de résidence dune
DURÉE DE DIX ANS [Art. 7 bis a) ].
Contrairement au régime commun des étrangers, le préfet ne dispose pas ici d'un large pouvoir
d'appréciation, il doit se borner à vérifier que les
conditions figurant dans l'accord sont remplies.
CAS DES TUNISIENS التونسي
Les tunisiens sont soumis au régime de droit commun ci-dessus, toutefois en ce qui concerne la carte
de résident d'une durée de 10 ans,
le ressortissant tunisien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité
française,est bénéficiaire de plein droit
de la carte de résident d'une durée de 10 ans [Art 10 1. a)].
|
CAS APPLICABLE À TOUS
La préfecture doit vous délivrer une carte de séjour« membre de la famille d'un citoyen de l'UE»
d'une DURÉE DE 5 ANS renouvelable.
Si votre conjoint ressortissant de l'UE envisage de rester moins de 5 ans en France, la carte de
séjour doit avoir une durée correspondant à la durée du séjour envisagée.
La carte de séjour doit être délivrée au plus tard dans les six mois suivant le dépôt de la demande.
Une attestation du dépôt de la demande de carte de séjour doit être délivrée immédiatement.
DROIT DE SÉJOUR PERMANENT:
Si vous et votre conjoint ont séjourné légalement pendant une période ininterrompue de cinq ans
en France, alors vous acquerez tous les deux un droit de séjour permanent en France.
La continuité du séjour n'est pas affectée par des absences temporaires ne dépassant pas au
total six mois par an, ni par des absences plus longues pour l'accomplissement d'obligations
miliaires
ou par une absence ininterrompue de douze mois consécutifs au maximum pour des raisons
importantes, telles qu'une grossesse et un accouchement, une maladie grave,
des études ou une formation professionnelle, ou le détachement pour raisons professionnelles
dans un autre État membre ou un pays tiers.
Une fois acquis, le droit de séjour permanent ne se perd que par des absences d'une durée
supérieure à deux ans consécutifs de la France.
|
Si je divorce, ou si mon conjoint décède, est ce que le préfet peux me retirer mon titre de séjour?
DROIT COMMUN
En principe, oui. La rupture de la vie commune est un motif de retrait du titre de séjour.
-
Le renouvellement de la carte de séjour «vie privée et familiale» conjoint(e) de français
est subordonné au fait que la communauté de vie n'ait pas cessé.
Toutefois, lorsque la communauté de vie a été rompue en raison de violences conjugales qu'il
a subies de la part de son conjoint, l'autorité administrative ne
peut procéder au retrait du titre de séjour de l'étranger et peut en accorder le
renouvellement.
En cas de violence commise après l'arrivée en France du conjoint étranger mais avant la
première délivrance de la carte de séjour temporaire,
le conjoint étranger se voit délivrer, sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre
public, une carte de séjour temporaire portant la mention 'vie privée et familiale' [Art.
L313-12].
Il n'y-a donc aucune protection en cas de décès du conjoint de nationalité française, le conjoint étranger peut donc se voir retirer son titre de séjour ou le voir ne pas être renouvellé. De même, en cas de violences conjugales, bien que le préfet ne puisse procéder au retrait du titre de séjour, il peut ne pas procéder à son renouvellement.
-
Le retrait, motivé par la rupture de la vie commune, de la carte de résident délivrée du
fait que vous ayez au moins trois années de mariage avec votre conjoint français ne peut
intervenir que dans la limite de quatre années
à compter de la célébration du mariage, sauf si un ou des enfants sont nés de cette union et
à la condition que l'étranger titulaire de la carte de résident établisse contribuer
effectivement,
depuis la naissance, à l'entretien et à l'éducation du ou des enfants dans les conditions
prévues à l'article 371-2 du code civil.
Toutefois, lorsque la communauté de vie a été rompue par le décès de l'un des conjoints ou
en raison de violences conjugales qu'il a subies de la part de son conjoint, l'autorité
administrative ne peut pas procéder au retrait [Art. L314-5-1].
CAS DES ALGÉRIENS الجزائري
En ce qui concerne le retrait du titre de séjour en cas de rupture de la vie commune, rien n'est
prévu dans l'accord franco algérien.
Par conséquent, le droit commun n'est pas applicable. le titre de séjour ne peut qu'être retiré
qu'en cas de fraude [CAA Paris 26 nov 2008 n°08PA01141].
Cependant, le premier renouvellement du certificat de résidence «vie privée et familiale» est subordonné à
une communauté de vie effective entre les époux [Art. 6, dernier alinéa] sans aucune exception prévue. Ce qui signifie qu'en cas de décès du conjoint français , en cas de divorce (même prononcé aux torts exclusifs du conjoint français), ou en cas de rupture de la communauté de vie en cas de violence du conjoint français, le préfet peut légalement refuser [CAA Paris, 3 avr. 2008, n°7PA03996] d'effectuer le premier renouvellement du certificat de résidence du conjoint algérien.
CAS DES TUNISIENS التونسي
C'est le droit commun ci-dessus qui s'applique.
Cependant, concernant la carte de résident d'une durée de 10 ans, délivré de plein droit, à un
ressortissant tunisien, marié depuis au moins un an avec un ressortissant de nationalité
française, ni l'article 10 de l'accord franco-tunisien du 17 mars 1968 modifié, ni aucune autre
stipulation de cet accord ne traite du cas de retrait de cette carte.
Certains juges en ont déduit que le droit commun était applicable dans ce cas [CAA Paris, 9 avr.
2008, n° 07PA04608, Sghaier]. Cependant , dans un important arrêt [CE, 2 avr. 2010 (Benbrahim)],
le Conseil d'État a contredit cette analyse et rappelé que l'article L.314-5-1 du CESEDA ne peut
être utilisé pour retirer les cartes de résident qui ont été délivrées aux tunisiens sur le
fondement d'un accord international, l'accord bilatéral franco-tunisien du 17 mars 1988 modifié. Les
tunisiens sont donc plus protégés sur ce point que les étrangers relevant du droit commun.
|
CAS APPLICABLE À TOUS
Le divorce n'entraîne pas la perte du droit de séjour du conjoint d'un ressortissant d'un citoyen de
l'UE , même lorsque ce conjoint n'a pas la nationalité d'un État de l'UE :
- Lorsque le mariage a duré au moins trois ans avant le début de la procédure judiciaire de
divorce ou la rupture, dont un an au moins en France.
- Lorsque la garde des enfants du citoyen de l'Union a été confiée au conjoint ou au
partenaire qui n'a pas la nationalité d'un État de l'UE, par accord entre les conjoints ou
par décision de justice, ou
-
Lorsque des situations particulièrement difficiles l'exigent, par exemple le fait d'avoir
été victime de violence domestique lorsque le mariage ou le partenariat enregistré
subsistait encore, ou
- Lorsque le conjoint qui n'a pas la nationalité d'un État de l'UE bénéficie, par accord
entre les époux , ou par décision de justice, d'un droit de visite à l'enfant mineur, à
condition que le juge ait estimé que les visites devaient avoir lieu en France et aussi
longtemps qu'elles sont jugées nécessaires.
Le décès du citoyen de l'Union n'entraîne pas la perte du droit de séjour de son conjoint qui n'a
pas la nationalité d'un État membre de l'UE :
-
Lorsque le conjoint résidait en France en tant que membre de sa famille depuis au moins un
an avant le décès du citoyen de l'Union.
Si le conjoint remplit les conditions ci-dessus en cas de divorce ou de décès, il continue
d'acquérir un droit de séjour permanent en France.
Cependant, avant l'acquisition du droit de séjour permanent, le droit de séjour des intéressés
reste soumis à l'obligation de pouvoir démontrer qu'ils sont travailleurs salariés ou non ou
qu'ils disposent, pour eux-mêmes et pour les membres de leur famille, de ressources suffisantes
pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale de l'État français pendant
la durée de leur séjour, et qu'ils sont entièrement couverts par une assurance maladie en
France, ou qu'ils sont membres de la famille, déjà constituée en France, d'une personne
répondant à ces exigences.
|
|
A LA UNE
La France condamnée pour l'enfermement abusif des enfants mineurs étrangers y compris les nourissonsLe 19 janvier 2012 est à marquer d’une pierre blanche pour la défense des droits des enfants. La France, soi-disant pays des droits de l’homme, vient d’être sévèrement condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) pour l’enfermement abusif d’enfants mineurs d’étrangers en situation irrégulière. En effet, le gouvernement français, dans sa course aux chiffres en matière d’expulsion des étrangers en situation irrégulière, n’hésite pas à jeter derrière les barbelés des centres de rétention administrative (prisons pour immigrés en attente d’expulsion), les enfants mineurs, y compris les nourrissons, d’étrangers en cours d’expulsion, et cela avec l’aval des plus hautes juridictions françaises. [Lire la suite...]
ACTUALITÉ
La France condamnée pour l'enfermement abusif des enfants mineurs étrangers y compris les nourissons
Hommage à Vamara Kamagate, un SDF sans-papiers pas ordinaire
Pourquoi un français devient moins européen que les autres s'il épouse une ressortissante étrangère?
Burqa Niqab: La polygamie est légale en France
Les jeunes immigrés exclus de la gratuité des musées en France
Mariage annulé et virginité: le verdict de la Cour de Cassation
Droit de vote des étrangers, l'autre "hypocrisie d'Etat"
Le droit du sol existe t-il en France?
Non à la directive de la honte !
|